La 54e réunion annuelle de l'Association canadienne d'archéologie

Session d'ouverture 2022

Jeudi 28 avril, 9:00 à 10:20 (HR)

Image: Shannon Ford


*Veuillez noter que la présentation sera donnée en anglais. Le résumé de la présentation est offert en français à titre informatif seulement.*

 


APPELER LES ESPRITS DU CIEL: L’ASTRONOMIE PIEDS-NOIRS ET LA CHASSE COLLECTIVE

Dr. Eldon Yellowhorn


Les Niitsitapi conçoivent leurs traditions comme trouvant leurs racines dans les cultures anciennes de chasseurs mobiles qui poursuivaient les troupeaux de bisons jusqu’à ce qu’ils tombent des falaises ou qu’ils soient installés des corrals. Lorsqu’ils ont commencé à mener des recherches systématiques sur les restes archéologiques des plaines du Nord, les chercheurs ont employé une approche historique directe (direct historical approach) afin de les aider à comprendre la culture matérielle qu’ils retrouvaient. Ces méthodes analytiques encourageaient l’utilisation de la culture Niitsitapi comme analogie ethnographique des peuples anciens ayant vécu dans les plaines du Nord et pour qui la chasse de gros animaux constituait une activité économique de base. La discrétion et la surprise consistaient en des techniques fiables, utilisées par les humains depuis qu’ils ont commencé à chasser des petits troupeaux de bison sur les territoires récemment libérés de l’emprise des glaces. La chasse collective suivait un scénario similaire à celui qui a été imaginé au site Cactus Flower, près de Medecine Hat, en Alberta, où quelques chasseurs se sont cachés près de la rivière Saskatchewan Sud et ont embusqué un troupeau de bison s’y abreuvant (Brumley 1975). À ses débuts, près de 4100 ans passés, l’endroit constituait un site de chasse idéal. Or, au moment de son abandon final il y a près de 500 ans, des traces indiquent l’utilisation d’une stratégie ne faisant pas appel aux embuscades. À la place, une nouvelle technique demandant une coordination à une échelle régionale avait été inventée. Attirer de grands troupeaux de bisons dans des pièges consistait en un travail collectif demandant des efforts de la part de centaines de personnes mais offrait un énorme rendement. Le défi consistait donc à réunir dans un endroit spécifique à un moment précis des bandes installés dans leur campements d’hiver dispersés à travers le territoire. Cette présentation s’intéresse à la solution à ce défi.

Bio: 
Le Dr. Eldon Yellowhorn est originaire de la Nation Piikani. Il a commencé sa carrière académique à l’Université Simon Fraser en 2002. Il a fondé le Department of First Nations Studies au campus Burnaby en 2012 et en était le président jusqu’en 2017. Il est membre de longue date de l’Association canadienne d’archéologie et en fut le président de 2010 à 2012.

 


Nous voulons que vous fassiez de la science pour nous: l’archéologie au service des chasseurs de bison

Dr.  María Nieves Zedeño


L’archéologie de la chasse au bison a pris un nouveau sens pour les communautés autochtones depuis le retour des bisons dans les plaines du nord-ouest au début des années 1990 et le rétablissement de la chasse d’hiver tribale au Parc national Yellowstone en 2018. Bien que l’archéologie dans les Plaines ait surtout été faite à des échelles de sites ou d’artéfacts pendant des décennies, de nouvelles approches conceptuelles, techniques et analytiques appliquées à l’étude de la chasse au bison faite à pied peut amener à la production d’une vue d’ensemble de l’importance de ce type d’événement. Une longue collaboration entre la tribu Pieds-Noirs (Piikani) du Montana et l’University of Arizona a fourni une chance unique d’étudier la chasse au bison de la fin de la période pré-contact dans les contreforts du Montana à l’échelle du paysage – une échelle comparable à celle de la compréhension que la tribu possède de la relation qui unissait leurs ancêtres avec les bisons et le territoire. Cette approche appuie également les observations faites par les premiers Européens au sujet de la chasse au bison pratiquée par les Piikani. Cette présentation met en valeur les découvertes les plus importantes du Kutoyis Archaeological Project sur la réserve indienne Blackfeet et ses impacts sur l’archéologie des chasseurs complexes.

Bio: 
La Dr. María Nieves Zedeño est professeure d’anthropologie et directrice du Bureau of Applied Research in Anthropology à l’University of Arizona, à Tucson. Elle possède 16 ans d’expérience de travail en collaboration avec la tribu Pieds-Noirs du Montana avec des aînés de la Confédération des Pieds-Noirs.