En se penchant sur l'archéologie des crises de mortalité, et plus particulièrement celle des épidémies, l'archéologue se heurte à l'impossibilité de lire les maladies sur le squelette (à la manière d’un traumatisme crânien, par exemple). On doit regrouper plusieurs arguments archéologiques pour proposer l’interprétation de crise sanitaire.
Certains sites font toutefois exception, c’est-à-dire ceux dont les sources historiques exposent indéniablement leur vocation sanitaire. Prenons les cimetières du Poste des Irlandais et de l’Hôpital de la Marine (typhus et choléra) : ces espaces hospitaliers et funéraires sont le reflet d’une période de stress sanitaire ayant crispé la société du XIXe et leur ancrage dans le paysage a marqué les mémoires. Puisque les sources préfigurent la nature du site, la réflexion a désormais le loisir d’extrapoler la trame narrative de ces cimetières de « contagieux ».
L’objectif de cette présentation est de discuter du potentiel heuristique de sites liés aux épidémies au Québec du XIXe siècle et de saisir leur inscription dans le tissu urbain : comment les crises de mortalité du XIXe siècle ont-elles fait du cimetière un lieu de mutations? On tentera de surcroît de démontrer de possibles avenues qui contribueront à l’archéothanatologie au Québec.