Birgitta Wallace

Date d’attribution du prix: 
2015
Birgitta Wallace

La tâche la plus agréable qui revienne à la présidente de l’Association canadienne d’archéologie, est celle de remettre à son récipiendaire le prix Smith-Wintemberg, qui honore les membres de notre communauté qui ont apporté une contribution exceptionnelle à l’avancement de la discipline de l’archéologie et à la connaissance du passé archéologique du Canada. Cette récompense est la plus haute dans notre domaine, et, pour cette raison, elle n’est décernée qu’au mérite, et pas nécessairement tous les ans. Pour être éligibles, les candidats doivent avoir : 1) fait progresser de manière significative la formation en archéologie et sa pratique ; 2) apporté des contributions exceptionnelles ; et/ou 3) fait progresser la méthode et la théorie de façon importante.

Le processus de nomination est rigoureux. Il comporte l’examen du CV des candidats et de multiples lettres de recommandation envoyées par des pairs et des collègues. J’ai été particulièrement heureuse de recevoir la nomination de Birgitta Wallace pour 2015 – non seulement parce qu’elle est une amie très chère, mais aussi parce qu’en tant que femme à la présidence de l’ACA, j’ai l’opportunité de décerner le prix Smith-Wintemberg, pour la toute première fois, à une femme archéologue.

Le nom de Birgitta Wallace s’inscrit sur la liste des récipiendaires exceptionnels qui ont fait progresser notre discipline de façon extraordinaire. Le nom de Birgitta est synonyme de l’archéologie scandinave et de la période viking en Occident. Dans son CV remarquable figurent 95 publications, dont des articles publiés dans des revues nationales et internationales de premier plan, des chapitres de livres, ainsi que le magnifique volume illustré Westward Vikings : The L’Anse aux Meadows Saga. Ses recherches se sont étendues bien au-delà du milieu universitaire. En tant qu’experte reconnue au niveau mondial d’un domaine d’études où s’entremêlent les controverses, les mythes, les malentendus, tout cela dans l’énorme intérêt qu’il suscite au niveau international, elle a inclus dans ses écrits une masse de communications pour le grand public dans ses efforts de faire connaître à ceux qui s’y intéressent les réalités de l’Amérique du Nord scandinave. Se basant toujours sur les faits, elle a répondu avec grâce à nos questions ou à nos interprétations erronées, évitant toujours de nous faire sentir idiots. Tout au long de sa carrière, d’abord comme conservatrice au Carnegie Museum of Natural History, puis à Parcs Canada, elle a également organisé un grand nombre d’expositions – domaine où elle continue d’exercer, de pair avec l’écriture, à présent qu’elle est en retraite.

Les lettres de nomination, nombreuses, ont à l’unanimité loué son esprit collégial et sa volonté inlassable de proposer ses avis et opinions sur des découvertes prétendument vikings en Amérique, et de déboulonner avec persévérance les nombreux mythes d’une présence viking loin à l’intérieur des terres, au Canada et aux États-Unis. Dans ce rôle, elle a agi comme intermédiaire dans d’innombrables documentaires.

Bien que beaucoup d’entre nous connaissent les travaux entrepris par Birgitta dans le domaine de l’archéologie scandinave, surtout à l’Anse aux Meadows, ses recherches étaient bien plus étendues. Elle a entrepris des travaux d’importance avec Parcs Canada au Lieu historique national du Canada du Fort-Anne, en Nouvelle-Écosse, au poste de traite de Nicolas Denys, datant du XVIIe siècle, au Cap-Breton, et à travers tous les dépôts de coquillages de l’Île-du-Prince-Édouard. C’est sur cette même Île-du-Prince-Édouard que j’ai rencontré Birgitta pour la première fois, il y aura bientôt trente ans, et, comme beaucoup d’autres jeunes archéologues, j’ai trouvé en elle un mentor, un modèle et une amie pour la vie.

Je suis heureuse de décerner le prix Smith-Wintemberg à l’incomparable Birgitta Wallace.