Journal canadien d'archéologie volume 48, numéro 1 • 2024
Cover image: Left: Tim E. H. Jones’ reproduction of the Figure 6, Face D paintings (so designated by Dewdney 1965), based on his 1965 tracings and photographs. The animal in the upper painting is 29.9 cm wide, and the lower animal is 21.8 cm wide (from nose tip on the right to tail tip on the left). Right: Jones’ 1965 colour photograph of the two paintings in question. Images courtesy of Tim E. H. Jones, from Jones, this volume.
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Articles
Tiziana Gallo
À travers le monde, les archéologues associent traditionnellement les lames de pierre polie au travail du bois et, par extension, au domaine masculin. En revisitant les lames de pierre polie ancestrales des Wendat (Hurons) à travers des écrits d’auteurs wendats, des documents de l’ethnohistoire des premiers contacts, de l’ethnoarchéologie, et de l’archéologie expérimentale, cet article remet en question l’applicabilité de ce narratif universalisant, fonctionnellement limité et androcentrique. L’analyse tracéologique de lames polies provenant de trois villages wendats ancestraux occupés entre les XIVe et XVe siècles révèle divers gestes et matériaux associés à leur utilisation. Au-delà du défrichage des terres et de la construction, ces lames de pierre polie faisaient partie intégrante de divers aspects de la vie dans les villages wendats ancestraux, incluant la transformation d’arbres, de plantes, de sols et d’animaux. En exposant les traces qui témoignent de ces diverses rencontres, cet article élargit les attributions fonctionnelles et genrées des lames de pierre polie ancestrales des Wendat. Il met en lumière la complexe diversité contenue dans cette catégorie d’objets qui, bien que peu étudiée, tend à être normalisée.
James Conolly, William Fox, Jennifer Birch
Dans cet article, nous présentons une chronologie révisée de l’émergence et du développement des communautés villageoises durant la première partie du Sylvicole supérieur sur les rives nord des lacs Érié et Ontario (Ontario, Canada). Notre travail repose sur un échantillon de dates publiées ou inédites obtenues au moyen de la spectrométrie de masse par accélérateur (SMA) provenant de sites du Sylvicole supérieur datant d’avant 1450 apr. J.-C. Nous avons examiné ces données dans un cadre de modélisation bayésienne afin d’affiner notre compréhension de la chronologie et du rythme des changements culturels, en mettant l’emphase sur la transformation de la taille et de l’organisation structurelle des communautés villageoises. Nos résultats soulignent la longévité et le succès adaptatif des premières communautés villageoises pratiquant une agriculture à faible échelle le long de la rivière Grand durant la première phase du Sylvicole supérieur. Alors que les dates conventionnelles suggèrent une lente transition vers des villages palissadés et fortifiés s’étant échelonnée sur quatre siècles, nos dates corrigées montrent plutôt des transformations rapides sur une période beaucoup plus courte de 150 ans concentrée au XIIIe siècle apr. J.-C. Ces résultats sont interprétés dans le contexte de la valeur croissante d’une cohésion intracommunautaire où se mêlent des indices de conflits intercommunautaires.
Deux peintures rupestres inhabituelles dans le site du lac Tramping (GeMa-1), au Manitoba, sont décrites et illustrées, et les enregistrements inexacts antérieurs de leur apparence sont corrigés. L’une des peintures a été perdue entre 1965 et 1988 à cause des intempéries naturelles. Son importance par rapport au reste des peintures rupestres du Bouclier canadien est discutée de pair avec les énormes difficultés auxquelles font face les observateurs d’aujourd’hui en ce qui concerne l’identification et la classification (sans parler de l’interprétation) de cette image et de nombreuses autres images trouvées dans la région de l’art rupestre Bouclier canadien (également connu sous le nom de Forêt boréale). Plusieurs hypothèses sont avancées sur ce que la paire de peintures pourrait représenter. Enfin, l’importance d’un enregistrement précis des pictogrammes in situ est soulignée puisqu’ils risquent d’être perdus à cause du vandalisme et de l’érosion.
Morgan Ritchie, Jerram Ritchie, Chris Springer, Jonathan Duelks, Nicholas Waber, Alessandria Testani, Natasha Lyons
Le village à flanc de coteau de Shxwexwó:s (lieu de l’Oiseau-Tonnerre) (DhRl-97) est situé au milieu d’un paysage résidentiel fortement peuplé au confluent des rivières Chehalis et Harrison, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. Les établissements à flanc de coteau tels que Shxwexwó:s ont rarement fait l’objet d’études archéologiques dans la mer de Salish ou sur la côte nord-ouest, ce qui peut contribuer à des lacunes majeures dans notre compréhension de l’utilisation passée des terres et de l’histoire sociale. Notre cartographie et nos fouilles indiquent que jusqu’à 40 groupes de la taille d’une famille ont créé des plateformes sur lesquelles ils pouvaient ériger de petites maisons, principalement entre environ 1500 et 1200 cal AP. Des preuves fauniques et botaniques révèlent que des gens vivaient sur ces plateformes pendant une grande partie de l’année, chassant le cerf et d’autres mammifères, récoltant des plantes et pêchant le saumon. La répartition et l’analyse des artefacts démontrent que des activités de grande envergure ont eu lieu sur une grande partie du site et que les gens avaient accès à une variété de matériaux de pierre à outils locaux et non locaux.
Notes de recherche
Jacob K. Earnshaw, Jacob Salmen-Hartley, Brendan Gray, Bear Charlie, Stan Jones, Bonnie Mack, Leon Jones, Duncan McLaren
On the southwest coast of Vancouver Island, within Pacheedaht (formerly Pacheena; variation: Pacheenaht) territory, a large archaeological site was recently identified during ecological restoration work. Here we present the results of archaeological investigations initiated by Pacheedaht First Nation at the Browns Creek site (DdSc-32), which was occupied for approximately 1,000 years until just before the historical period; that is, after European contact in the eighteenth century. Our investigations provide baseline data regarding site characteristics and distribution, chronology of occupation, lithic and bone technologies, and resource use. Ethnographic information is used to contextualize archaeological findings. Additionally, analysis of remote sensing data informs the dynamic history of the Gordon River delta and provides the first estimate of its progradation rate. Little systematic archaeological investigation has previously occurred on the southwest coast of Vancouver Island, particularly within Pacheedaht territory, and our findings add considerably to the archaeological record of the region. This work serves as a case study for work in partially disturbed archaeological contexts, demonstrating that despite significant impacts, valuable information can still be recovered.
Sur la côte sud-ouest de l’île de Vancouver, faisant partie du territoire des Pacheedaht (anciennement Pacheena ; variante : Pacheenaht), un grand site archéologique a récemment été identifié lors de travaux de restauration écologique. Nous présentons ici les résultats des recherches archéologiques initiées par la Première Nation des Pacheedaht sur le site de Browns Creek (DdSc-32), qui a été occupé pendant environ 1 000 ans jusqu’à la veille de la période historique. Nos recherches fournissent des données de base sur les caractéristiques et la répartition du site, la chronologie de l’occupation, les technologies lithiques et osseuses ainsi que l’utilisation des ressources. Les informations ethnographiques permettent de contextualiser les découvertes archéologiques. De plus, l’analyse des données de télédétection renseigne sur l’histoire dynamique du delta de la rivière Gordon et fournit la première estimation de son taux de progradation. Peu de recherches archéologiques systématiques ont été menées auparavant sur la côte sud-ouest de l’île de Vancouver, en particulier au sein du territoire des Pacheedaht, et nos découvertes enrichissent considérablement le registre archéologique de la région. Ce travail sert d’étude de cas pour les travaux dans des contextes archéologiques partiellement perturbés, démontrant que malgré des impacts significatifs, des informations précieuses peuvent toujours être récupérées.
